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Sortie cyclo du CSPA

Les yeux plus grands que le ventre

Quand on vous propose un bon plat, c’est difficile de refuser. Il faut quand même être raisonnable et ne pas s’empiffrer au point de se rendre malade. En quelque sorte, il ne faut pas avoir les yeux plus grands que le ventre. C’est malheureusement ce qui m’est arrivé samedi dernier, en m’alignant au départ des Platanes pour un 170 km ayant pour objectif de rejoindre le 300 km à Valensole. Chouette me suis-je dit, le coin est superbe, mais le challenge est ambitieux. Je ne suis pas un habitué des longues distances, mais en début de saison j’avais bouclé facile 2 sorties à plus de 120 km et l’idée de tenter 170 km me plaisait bien.

Départ les Platanes 8 h 30

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Le matin il fait frisquet le long du canal EDF : 3°C

Il faisait plutôt frisquet ce matin le long du canal EDF à Meyrargues. Une petite brume nous plongeait dans une ambiance de canaux nordiques. Arrivés à Vinon-sur-Verdon, il fallait faire un choix : partir sur le parcours prévu de 170 km ou couper pour un retour plus court sur Aix. C’est là que fût mon erreur ... Je me sentais très bien et j’étais, malgré l’allergie au pollen qui me gêne en ce moment, loin de deviner la suite. Devant ça roulait fort, Jean-Luc notre super webmaster est un sacré rouleur. Il y avait un jeune également qui en remettait des petits coups de temps en temps à chaque fois que ça montait. Avec Christophe, Jean-Paul et Gérard nous restions derrière. Vers Valensole les crampes sont arrivées. D’abord sournoises puis rapidement violentes. J’ai commencé à lâcher progressivement et dans une pente à 17% à la sortie d’Allemagne-en-Provence c’est devenu très dur pour moi. Chaque effort était sanctionné par des crampes qui m’empêchaient d’appuyer sur les pédales. La suite va devenir un long calvaire.

C’est quand qu’on mange ?

On devait manger à Quinson, mais j’avais déjà faim depuis 15 km. Le froid du départ, et sans doute les séquelles de cette allergie, m’avaient fait consommer mes réserves. À Quinson, la ville étape prévue pour le casse-croûte, pas de commerce ouvert la petite troupe décide de repartir pour atteindre Montmeyran reculant d’autant mon envie de manger qui commençait à être violente. Je n’en peux plus, je décroche du groupe et Jean-Luc m’attend à plusieurs reprises pour voir si je suis toujours sur la route.

Sortie cyclo du CSPA

Les écarts se creusent à chaque bosse, et dans le coin les bosses ne manquent pas. Je commence à avoir la vue qui se brouille je sens l’hypo arriver. Arrivés à Monmeyran, même scénario pas de commerce, et le café ne fait pas de sandwitch, le groupe décide de chercher plus loin. Je jette l’éponge n’ayant pas envie de faire encore 10 bornes avec rien dans le ventre.

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Le plateau de Valensole en attendant que les lavandes fleurissent

Je préviens Jean-Luc : « Allez-y moi je remonte au bar du village boire une bière en mangeant mon sandwitch», je connais la route, je mettrais le temps, mais je finirais bien par rentrer. … Dans le bar ça discute ferme au comptoir où le pastis coule à flot. Je commande ma bière et me précipite sur mon casse-dalle. C’est alors que j’aperçois un cycliste qui pose son vélo devant le bar : c’est Christophe qui, prévenu par Jean-Luc, a décidé de ne pas me laisser seul. Il a faire demi-tour pour me rejoindre. Il sort son casse-croute et on mange tranquille en buvant nos bières.

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Bar à Monmeyran : une petite bière pour faire glisser le sandwitch tant attendu.

Mon sauveur

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En haut du col de Portes

Christophe est devenu mon « Saint Christophe », vous savez que c'est le patron des voyageurs. Me protégeant du vent, m’encourageant, m’attendant en haut des bosses,… il a réussi à me ramener à bon port dans un état acceptable. Cette solidarité m’a vraiment touché. C’est réconfortant de savoir que dans le vélo, qui est un sport individuel, nous avons dans nos clubs des cyclistes qui savent faire preuve de solidarité. J’aurais sans doute fait pareil, car c’est toujours flippant de laisser quelqu’un seul en chemin surtout, si il est en galère. Mais ce n’est pas toujours le cas lors des sorties cyclos. Chacun a ses bonnes (ou mauvaises) raisons : rentrer à temps pour le gigot de 13 heures, la moyenne à tenir, la peur de se refroidir, … que sais-je … Donc un grand merci à mon sauveur Christophe, qui est un mec du tonnerre, excellent grimpeur et descendeur hors pair qui m’a ramené à bon port. Je lui dit  merci, car sans lui j’aurais vraiment pris cher dans cette aventure.

Dans l’avenir je ferais plus attention dans mes choix de parcours et dans le niveau du groupe : la gourmandise est un vilain défaut.

La vidéo

  Patrick VAN DEN BOSSCHE

Posted in Vie du club

6 Comments

  1. christophe rada
    christophe rada

    Il n’y a pas de sainteté la dedans seulement une entraide qui me paraît d’autant plus évidente que nous sommes dans un club. Et puis vivre l’ambiance alcoolisée d’un bar de chasseurs à l’apéro dans le haut var…Ça vaut son pesant de cacahuètes!! Les 4 saisons d’Espigoules in situ pour ceux qui connaissent ce film culte qui se passe à Ginasservis.

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